Addax Conservation

Autrefois présentes en grand nombre sur d'immenses zones arides, les populations d'addax se sont effondrées à moins d'une centaine d'individus dans des poches isolées depuis l'avènement des armes et des transports modernes, et plus récemment l'exploration pétrolière et les troubles civils. Aujourd'hui, l'addax, une espèce nomade vivant dans le désert, est l'ongulé le plus menacé du Sahara et probablement du monde, et figure sur la Liste rouge de l'UICN en danger critique d'extinction.

SCF et ses partenaires utilisent leur expertise, partagent leurs connaissances et mutualisent autant que possible leurs ressources et leurs efforts pour empêcher l'extinction de l'addax.

Vue d'ensemble

SCF collabore depuis des années avec d'autres organisations, des gouvernements et divers intervenants pour préserver l'addax. Etant donné la nécessité de sauver l'espèce maintenant, l'addax est devenu l'une des espèces prioritaires du SCF et les animaux seront réintroduits dans différents endroits du Sahara et du Sahel grâce à son expertise dans ce domaine et aux efforts collectifs du SCF et des partenaires. L'objectif à long terme est de reconstruire une population vivant en liberté et errant en nombre sain dans les pays de son aire de répartition historique.

SCF travaille sur l'addax depuis sa création il y a plus de dix ans. A cette époque, la plupart des addax restés connus étaient confinés dans une vaste zone désertique appelée "Tin Toumma" au Niger - officiellement créée en 2012 sous le nom de Réserve Termit & Tin Toumma grâce à un lobbying intense du SCF.

Le SCF a également fourni un appui stratégique par le biais de la collecte de fonds et de la communication aux autorités de la faune sauvage en Tunisie pour le rétablissement de troupeaux bien gérés d'addax et de oryx algazelle. Le pays s'est engagé, dans le cadre de sa stratégie nationale de conservation des antilopes, à rétablir les deux espèces dans de vastes zones protégées clôturées. Une fois les populations viables établies, la vision à long terme est d'enlever les clôtures dans les zones appropriées pour permettre la réintroduction de véritables troupeaux en liberté.

Un grand pas en avant a été franchi ces deux dernières années avec la décision de réintroduire l'espèce dans des zones non clôturées au Tchad et au Maroc à l'horizon 2019.

Sur la base de l'expérience et des connaissances de SCF sur la réintroduction d'addax et d'antilopes dans le cadre du projet oryx au Tchad, un protocole d'accord a été signé en 2018 entre les autorités marocaines de la faune sauvage et SCF dans le but d'apporter un soutien à la réintroduction et au suivi des espèces.

Le SCF et ses partenaires, dont AZA Addax SSP, les Centres de conservation pour la survie des espèces (C2S2) et la Source Population Alliance (SPA), travaillent à la réintroduction de l'addax dans d'anciens sites d'élevage au Tchad (tels que la réserve de faune Ouadi Rimé - Ouadi Achim, en utilisant les installations de oryx algazelleréintroduction) pour renforcer les petites sous-populations isolées avant leur disparition. En 2019, le oryx algazelleprojet entre dans sa phase II, passant précisément à une approche de réintroduction multi-espèces qui permettra le retour dans la nature d'un premier lot de 25 individus en novembre de cette même année.

La situation est précaire pour cette espèce et le rétablissement et la recolonisation de l'ancienne aire de répartition de la petite population sauvage fragmentée qui reste est irréaliste à l'heure actuelle. L'extinction de l'addax à l'état sauvage a été évitée et, si possible, des populations viables ont été réintroduites pour protéger les habitats.

Addax restauré dans la réserve de Ouadi Rimé-Ouadi Achim au Tchad au niveau pilote/de faisabilité (25-50 animaux).

L'objectif principal de ce projet est de renforcer les chances de succès de la première réintroduction d'addax en Afrique en suivant 100% des addax libérés avec des émetteurs GPS/Satellite sur une période de 2 ans.

SITUATION ACTUELLE ET DÉFIS

Au cours des cent dernières années, la population d'addax s'est effondrée en raison de la chasse impitoyable et de l'avènement des armes modernes et des véhicules déserteurs. Aujourd'hui, l'addax n'est présent que dans deux petites populations, l'une dans le désert de Tin Toumma dans l'est du Niger et l'autre, de l'autre côté de la frontière, dans la région d'Eguey-Bodélé au Tchad.

Actuellement, il n'est pas possible d'assurer la survie des addax sauvages au Niger et à la frontière avec le Tchad en raison de l'insécurité et des contraintes logistiques dues aux vastes zones de distribution des addax.

Addax peut également être trouvé dans leur gamme historique en conditions semi-captives en Tunisie et au Maroc.

AGIR SUR LE TERRAIN

Un plan d'action pour les populations sauvages restantes d'addax au Niger et au Tchad a été rédigé par SCF, ZSL, UICN/SSC Antelope Specialist Group, CMS, Noé, Niger et agences nationales tchadiennes. Il met en évidence trois grandes priorités pour sauver cette espèce :

- Prévenir la perte d'un plus grand nombre d'animaux sauvages en assurant une protection efficace contre le braconnage sur des sites clés et en étendant la protection à l'habitat, notamment en créant des zones non perturbées loin des puits d'eau et du bétail.

- Maintenir des liens forts et efficaces avec les populations sur place. Travailler avec les communautés locales qui partagent l'habitat et utilisent les mêmes pâturages est essentiel au succès à long terme des programmes de conservation. Plusieurs accords au Niger ont été signés par les autorités locales et administratives traditionnelles, dont la Déclaration de Dolé (2007), la Déclaration de Dougoulé (2010). La Déclaration de Doungoumi (décembre 2016) contient même un engagement à protéger la faune et inclut une collaboration sur l'enlèvement des puits non autorisés : cet accord pourrait servir de modèle pour d'autres régions de la région.

- Il est urgent de déterminer le sort de la plus grande population d'addax du Termit & Tin Toumma - qu'elle ait été dispersée ou fortement réduite, et de localiser les animaux restants - et de déterminer l'ampleur et la fréquence des déplacements entre sites. Les programmes de surveillance des populations d'addax (et de gazelles dama) devraient être poursuivis et étendus dans la mesure du possible, en utilisant des protocoles normalisés. Il est également important d'élargir la recherche génétique actuelle sur les populations sauvages et captives des deux espèces.

DERNIÈRES NOUVELLES SUR L'ADDAX

Ressources supplémentaires

Pour en savoir plus sur le projet, les sources suivantes sont disponibles :

Comment aider

Les espèces désertiques connaissent une extinction silencieuse que le SCF veut, sinon inverser, du moins arrêter. Aidez-nous à sauver la faune sahélo-saharienne et participez aux plus grands efforts de conservation de tous les temps ! Faites passer le mot sur cette tragédie et/ou contribuez à nos initiatives en faisant un don à la SCF. Chaque acte compte.

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