Sahara Conservation s’engage dans un projet international pour protéger les vautours migrateurs au Tchad
N’Djamena, le 10 octobre 2026 – À l’occasion de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs, Sahara Conservation annonce sa participation à LIFE EV Safe Return, un projet international de conservation cofinancé par le programme LIFE de l’Union européenne et coordonné par la Société bulgare pour la protection des oiseaux (BSPB/BirdLife Bulgarie). Réunissant 15 institutions et organisations d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique, ce projet vise à rétablir les populations de vautours percnoptères (Neophron percnopterus), une espèce menacée, en renforçant leur protection dans leurs zones de reproduction, le long de leurs voies migratoires et dans leurs zones d’hivernage. Au Tchad, Sahara Conservation concentrera ses efforts sur la lutte contre l’empoisonnement, l’abattage illégal et le trafic de vautours, en mobilisant les communautés locales et en renforçant la collaboration avec les autorités nationales.

Chaque automne, les vautours percnoptères quittent la péninsule balkanique et parcourent plus de 5 000 kilomètres pour rejoindre leurs zones d’hivernage en Afrique. Tout au long de leur migration, ils sont exposés à de nombreuses menaces, notamment l’empoisonnement, l’abattage illégal et l’électrocution. Dans certaines régions d’Afrique, les vautours sont également persécutés pour être utilisés dans des pratiques liées à des croyances traditionnelles. Un oiseau protégé sur son site de nidification peut ainsi mourir à plusieurs milliers de kilomètres de là. Sa survie dépend donc d’efforts de conservation coordonnés tout au long de sa voie migratoire.
Autrefois largement répandu dans les Balkans, le vautour percnoptère a disparu en tant qu’espèce reproductrice dans plusieurs pays de la région. Aujourd’hui, il ne reste qu’environ 50 couples reproducteurs répartis entre la Bulgarie, la Grèce, la Macédoine du Nord et l’Albanie. Après plus de trois décennies de déclin, la population des Balkans montre depuis quelques années des signes de stabilisation, tandis que les effectifs commencent à augmenter en Bulgarie. Ces progrès sont le fruit d’une collaboration de longue date entre les organisations de conservation, les institutions et les communautés locales. Ils sont encourageants, mais avec une population aussi réduite, la perte d’un seul individu peut compromettre son rétablissement.
Prévu jusqu’en 2031, le projet LIFE EV Safe Return capitalise sur les résultats d’actions de conservation ayant déjà fait leurs preuves. Le projet vise à renforcer les mesures réduisant les menaces le long des voies migratoires, à consolider la population des Balkans grâce au relâcher d’oiseaux issus d’élevages à des fins de conservation ou recueillis dans la nature, et à mobiliser les communautés locales et les autorités en faveur de la conservation de l’espèce. Il prolonge également les acquis du projet Egyptian Vulture New LIFE, récompensé par le Prix des citoyens LIFE lors des LIFE Awards 2026.
« Les premiers signes de rétablissement montrent que nos efforts portent leurs fruits. Nous devons désormais consolider ces progrès et les inscrire dans la durée. Pour un oiseau qui parcourt plus de 5 000 km entre les Balkans et l’Afrique, cela implique de lutter contre les menaces tout au long de sa voie migratoire. La coopération internationale est essentielle : protéger les oiseaux dans un pays doit s’accompagner d’actions dans les pays qu’ils traversent et dans ceux où ils passent l’hiver. Pour la première fois dans le cadre de notre programme de conservation, des actions ciblées seront mises en œuvre au Tchad, l’un des principaux pays d’hivernage de l’espèce. Notre équipe internationale concentrera ses efforts sur trois priorités : réduire les menaces responsables de la mortalité des oiseaux, renforcer les populations sauvages grâce au relâcher d’individus issus d’élevages conservatoires ou recueillis dans la nature, et impliquer activement les autorités et les communautés locales », explique le Dr Volen Arkumarev, de la BSPB, responsable du projet.
Pour la première fois dans le cadre de ce programme international de conservation, des actions ciblées seront donc menées au Tchad, un important pays d’hivernage pour les vautours percnoptères migrant depuis les Balkans.
Sahara Conservation interviendra dans deux zones prioritaires : la Réserve de Faune de Ouadi Rimé – Ouadi Achim et le lac Fitri, identifiés grâce aux données de suivi de vautours migrateurs équipés de balises GPS. Au Tchad, les vautours sont confrontés à plusieurs menaces majeures. Les carcasses empoisonnées destinées à éliminer des prédateurs, comme les chacals, peuvent également entraîner la mort de vautours et d’autres espèces charognardes. Les idées reçues sur ces oiseaux et leur comportement peuvent conduire à leur persécution, tandis que l’abattage illégal et le trafic à des fins liées à certaines croyances exercent une pression supplémentaire sur des populations déjà menacées.
Des incidents récents ont mis en évidence l’urgence d’agir. En 2025, plus de 100 vautours de Rüppell ont été retrouvés morts au Tchad, dont de nombreux individus décapités, suscitant de vives inquiétudes quant à l’abattage ciblé de ces oiseaux et au commerce illégal de leurs parties. Au-delà du vautour percnoptère, les actions menées au Tchad dans le cadre du projet bénéficieront à d’autres espèces de vautours confrontées aux mêmes menaces, contribuant ainsi plus largement à la conservation de ces oiseaux essentiels au bon fonctionnement des écosystèmes.
L’un des principaux volets de l’action de Sahara Conservation consistera à mobiliser les communautés locales, en particulier les éleveurs, afin de développer des solutions concrètes pour réduire les conflits entre les populations et la faune sauvage. Des campagnes de sensibilisation permettront de lutter contre les idées reçues sur les vautours, de mieux faire connaître leur rôle écologique et de promouvoir des alternatives à l’utilisation de carcasses empoisonnées pour lutter contre les prédateurs. En étroite collaboration avec les communautés, le projet cherchera à identifier des mesures de protection du bétail accessibles et adaptées aux réalités locales, en tenant compte de l’étendue des territoires et des modes de vie nomades caractéristiques de la région.
En tant que charognards, les vautours jouent un rôle écologique essentiel en consommant les carcasses d’animaux et en contribuant ainsi à l’élimination naturelle des matières organiques. Leur protection participe donc également au maintien d’écosystèmes sains, dont dépendent les communautés locales. En réunissant des acteurs et des organisations de trois continents, LIFE EV Safe Return entend permettre à cet oiseau remarquable de poursuivre ses migrations et de regagner les Balkans en toute sécurité.
À propos du projet
LIFE EV Safe Return est coordonné par la Société bulgare pour la protection des oiseaux (BSPB/BirdLife Bulgarie),, en partenariat avec Green Balkans, BirdLife Europe and Central Asia, la Natural Environment and Climate Change Agency (NECCA), la Society for the Protection of Birds of Thrace (SPBT), la Hellenic Ornithological Society (HOS), la Macedonian Ecological Society (MES), Protection and Preservation of Natural Environment in Albania (PPNEA), la Albanian Ornithological Society (AOS), DOĞA (Türkiye), Sahara Conservation (SC), BirdLife Africa et la Nigerian Conservation Foundation (NCF). Les zoos de Sofia et de Prague sont partenaires associés. Le projet est cofinancé par le programme LIFE de l’Union européenne.
À propos de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs
La Journée mondiale des oiseaux migrateurs est une campagne internationale de sensibilisation à la nécessité de protéger les oiseaux migrateurs et leurs habitats. Elle est célébrée deux fois par an, en mai et en octobre, pour refléter les migrations saisonnières à travers le monde. En 2026, la date retenue pour l’édition d’octobre est le 10 octobre, et le thème de cette année met en lumière le rôle des sciences participatives dans la conservation des oiseaux migrateurs.


