
Mouflon à manchettes
Le mouflon à manchettes est une espèce indigène du Sahara et de ses franges subsahariennes. On le trouve dans des habitats montagneux adaptés à travers toute la région, depuis la côte atlantique jusqu’à la mer Rouge, et depuis les montagnes de l’Atlas méditerranéen jusqu’aux escarpements du nord du Sahel.
Pesant jusqu’à 145 kg, le mouflon à manchettes (ou aoudad) est un habitant discret et rarement observé des massifs sahariens. De teinte fauve à brun, il se distingue par sa longue crinière et les mèches de poils tombant le long de ses membres antérieurs. Les deux sexes portent des cornes, mais celles des mâles adultes sont particulièrement développées et fortement annelées.
Animal farouche, il vit généralement en petits groupes familiaux comptant jusqu’à six ou sept individus. Capable d’exploiter des sources d’eau en altitude inaccessibles à d’autres grands mammifères, il peut également survivre dans des zones dépourvues d’eau permanente, en tirant l’humidité nécessaire des plantes qu’il consomme.
Pour se protéger de la chaleur accablante et du vent en milieu de journée, il se réfugie derrière des rochers, dans des grottes ou sur des plateaux abrités. Il affectionne aussi les bains de poussière dans des cuvettes qu’il creuse lui-même. En cas de danger, il s’échappe rapidement vers les pentes rocheuses, où il trouve refuge.
Carte d’identité
Nom scientifique :
Ammotragus lervia
Statut de conservation IUCN :
Vulnérable
Population sauvage estimée :
Entre 5 000 et 10 000.
Zone de répartition :
Autrefois largement répandu dans les terrains accidentés et montagneux d’Afrique du Nord — des déserts et zones semi-désertiques jusqu’aux forêts claires — le mouflon à manchettes est aujourd’hui présent tout au long de la chaîne de l’Atlas, du Maroc jusqu’au nord de l’Algérie et de la Tunisie.

Menaces et défis
Dans les vastes aires protégées, telles que les parcs nationaux de l’Ahaggar et du Tassili, situés dans le sud de l’Algérie, les populations de mouflons à manchettes sont en bonne santé et pourraient atteindre plusieurs milliers d’individus.

Cependant, malgré leur résilience et leur adaptation aux milieux rocheux, ces animaux restent extrêmement vulnérables. De nombreuses populations isolées et de petite taille ont été décimées par la chasse, ou sont aujourd’hui en situation critique. La prolifération des armes automatiques à travers le Sahara, combinée à l’insécurité qui règne dans de nombreuses zones montagneuses, a entraîné un déclin significatif dans plusieurs régions.
Lorsque l’eau devient accessible – après les pluies ou grâce à des sources et des mares d’altitude – les mouflons sont particulièrement exposés aux chasseurs, notamment durant la saison chaude. Les chasseurs traditionnels posent des pièges à proximité des points d’eau et construisent des caches pour tirer sur les animaux qui s’en approchent.
Les mouflons à manchettes subissent également une pression croissante liée à la concurrence avec le bétail domestique.